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Parler la langue de l'autre: le choix des mots

Mis à jour : juil. 10

Les mots m'ont toujours semblé délicats à manier : ils peuvent être à la fois des trésors et des pièges.

Un mot : plusieurs représentations

Derrière chaque mot, se trouve une infinité de sens, d’images, de représentations, parfois assez loin de la définition d’un dictionnaire. Chaque mot résonne aux yeux de chacun de façon unique. Pour chacun de nous, chaque mot recouvre des réalités, des significations différentes. Nous attribuons des significations différentes à des mêmes mots. Un même mot, une même façon de parler peuvent donc désigner des objets, des notions, des sens différents.

Une « chose » : plusieurs mots

Mais il y a aussi plusieurs façons de dire la même chose. Ainsi un objet ou une notion peuvent être nommés par des mots différents. Vous préférez les chocolatines ou les pains au chocolat ?

Nous pouvons parler de la même chose avec des mots différents. Chaque mot employé est une seule porte d’entrée à des réalités complexes, une seule facette d’une réalité multifaces. Aucun mot ne correspond totalement à ce qu’il désigne. Il n’est qu’une façon, arbitraire, de nommer.

Les mots sont des codes compris par des personnes appartenant aux mêmes groupes, pour parler de choses communes. En effet, chacun de nous nous avons notre langue, celle de notre pays, mais aussi celle de notre histoire, de nos familles, de nos groupes d’appartenance.

Une vigilance dans le choix des mots est donc une base dans la relation à l’autre. Pour être compris de l’autre, j’essaie de parler « dans sa langue », celle qu’il aime, à laquelle il est sensible. Envoyer un message, c’est faire en sorte que l’autre comprenne ce message. La forme, l’apparence, le style, les mots employés ont un rôle prépondérant dans la réception du message. Un mot est comme un emballage. Il donne plus ou moins envie d’ouvrir le paquet, le contenu.

Les mots peuvent être mal compris, déformés, trop connotés, repoussoirs. Parfois ils prennent à rebrousse-poil. L’usage de certains mots peut amener à classer une personne dans une boîte, lui poser une étiquette. Ces mots créent alors des barrières ou frontières étanches.

J’essaie donc d’utiliser les mots qui seront entendus, accueillis, qui pourront toucher la personne comme elle en a besoin, qui permettront à cette personne destinataire de s’ouvrir, d’ouvrir la porte, d’écouter, de chercher à comprendre.

Choisir son langage pour s’adapter au récepteur, c'est un peu jouer au caméléon. C’est comme

prendre un rôle et présenter une facette de soi. La limite entre caméléon, compromis, fausseté, peut sembler fine. Pourtant, il est possible de rester soi, intègre, vrai, derrière des costumes différents, des styles différents et des vocabulaires différents.

Il me semble que, de même que tous les chemins mènent à Rome, il y a plein de vocabulaires possibles, plein de langages possibles pour dire la même chose.

Certes cela demande un vrai travail pour ne pas se sentir trop écartelée entre des univers parfois si variés aux langages si différents. C’est une exigence pour rester vraiment soi, être dans sa base, dans son centre, cohérente avec soi-même et ses valeurs.

C’est un jeu parfois acrobatique, mais tellement riche. Cela permet d’évoluer dans des univers si différents. Cela permet de faire des ponts entre ces univers, d’être comme un interprète, un traducteur, un musicien qui joue différents styles de musique avec différents styles de musiciens.

Musique et magie des mots !

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