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  • busquetmonique

Faîtes ceci, faîtes cela : des conseils à l'impératif ?

Avez-vous remarqué combien depuis quelques années, nous sommes envahis de « conseils et consignes » formulés à l’impératif ? Que ce soit dans les titres de livres, d’articles, de posts sur les réseaux sociaux, nous recevons de plus en plus fréquemment des « directives, des injonctions, des ordres » de la part d’ « amis inconnus qui nous veulent du bien ». Ce serait la stratégie actuelle pour attirer notre attention. Cela part en général d’un bon sentiment. Cela se veut être des invitations. C’est une façon de formuler des conseils « pour notre bien ». Néanmoins les verbes sont conjugués à l’impératif !

Alors, je reconnais que je deviens allergique à ces formules, à ces exhortations, peut-être un peu trop. Cela me fait maintenant plutôt fuir et détourner mon attention.

Pourtant en règle générale, je ne suis pas particulièrement rebelle. Je suis même plutôt obéissante. Enfant, j’obéissais à mes parents. Aujourd’hui, je respecte les hiérarchies, les lois, les interdits et règles, les cadres. J’obéis à mes « responsables ». Cela me paraît normal. Et cela ne m’empêche pas d’être libre dans mes pensées. Dans le champ professionnel, j’écoute les consignes et je peux aussi être amenée à en formuler. Malgré tout, en formation, j’essaie surtout de transmettre aux participants des éclairages, des exemples et outils, du sens à leurs pratiques et aux situations qu’ils ou elles rencontrent. J’essaie ainsi de les soutenir et affiner leur réflexion pour qu’ensuite ils ou elles puissent être inventives dans leurs façons de faire et d’être.

Mais dans ma vie personnelle, en dehors du champ professionnel, pourquoi est-ce que je donnerais ou laisserais à d’autres personnes cette place de me donner des « ordres », de me parler ainsi à l’impératif, de me dire ce que je dois faire ? Pourquoi est-ce que j’écouterais les personnes qui s’adressent ainsi à moi ? De quelle place me donnent-elles des consignes à exécuter ? Quel nouveau style de relation se met en place ainsi ? Et surtout qui est cet autre pour savoir ce qui est bon pour moi, pour savoir ce que je devrais faire ? Quel rôle veut-il jouer auprès de moi ?

Chacun est différent et unique et il me semble toujours dangereux de projeter ainsi sur l’autre ce qui serait bon pour lui.

Autant il me semble utile et enrichissant pour tous que chacun puisse partager son expérience, faire part de ce qui le fait avancer, ce qui fonctionne pour lui, ce qu’il apprécie, ce qui l’aide. J’apprécie que chacun transmette ses connaissances, ses opinions, ce qui lui paraît juste. Autant j’écoute et apprécie ce que peut me dire un « soignant » que je choisis. Et je choisis comme soignant ou accompagnant, pour nettoyer des blessures et pour avancer sur mon propre chemin, des personnes qui sont dans ce respect fondamental de l’autre.

Autant je suis gênée par cette nouvelle forme d’autorité qui s’insinue ainsi un peu partout. Même si je sais que le plus souvent c’est fait avec cœur et générosité.

Partager, faire part de son expérience, transmettre oui, mais dire à l’autre ce qu’il doit faire, non !

Il me semble important de résister ainsi à cette mode ou "modalité d'expression" et de respecter et même soutenir la liberté de chacun à penser et agir.

Petit clin d’oeil : lorsque le GPS me dit où je dois tourner, il m’arrive régulièrement de choisir volontairement un autre chemin et je vois alors que je gagne du temps par rapport à ce qu’il m’indiquait… Alors je me félicite de ne pas appliquer ses « ordres » et je garde ma stratégie et ma liberté.

Et vous, quel effet cela vous fait ? Réagissez vous comme moi ? Qu’en pensez-vous ?


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