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Quelle place aux outils, techniques, méthodes ? Richesse, limites et utilisation ?

J’ai envie de partager ici avec vous mes réflexions peut être très personnelles sur ce sujet si actuel.

ØLa place des outils et méthodes.

Les outils et méthodes sont indispensables et les professionnels sont demandeurs d’outils pertinents et efficaces. La transmission et le partage de ces outils vient ainsi enrichir leurs pratiques. Ne pas avoir à réinventer ce qui a déjà inventé par d’autres est un gain de rapidité, d’économie, d’efficacité, de confort. Néanmoins, la transmission et reproduction d’outils a aussi des limites. « Les outils font les bons menuisiers » dit le dicton, mais connaître les outils et méthodes ne peut être suffisant en soi... « Le menuisier utilise plus ou moins bien ses outils ». « Tout outil, le meilleur qu’il soit, a besoin d’être utilisé à bon escient : dans le bon sens, de façon ajustée à chaque situation et à des objectifs bien choisis. Un outil n’est rien pris isolément, le meilleur soit-il. La meilleure raquette de tennis, la meilleure paire de chaussures ne font pas le champion. Les meilleurs ustensiles de cuisine ne font pas les meilleurs cuisiniers.

Les outils s’intègrent dans des processus, à plusieurs étapes, toutes importantes, même si nous y faisons peu attention.


Ø Un processus en étapes dans toutes nos actions

A tout moment nous captons grâce à tous nos sens, des informations en provenance de notre environnement extérieur, et de l’intérieur de notre corps. Puis, nous décodons et analysons ces sensations, en les comparant à ce que nous connaissons déjà. Ensuite, nous décidons d’agir selon nos souhaits, nos choix, nos projets. Enfin, nous nous nous organisons, nous choisissons comment nous allons nous y prendre, avec quel « outil », quel savoir faire. Alors seulement nous agissons. Puis de nouveau nous réévaluons la situation, nous avons de nouvelles sensations, puis de nouvelles analyses et de nouveaux choix et modes d’action.

Ainsi, en permanence, nous ressentons, nous percevons, nous expérimentons, nous tâtonnons, nous recommençons, nous essayons autrement, nous faisons plus attention, nous réfléchissons plus. Cet enchaînement est à l’oeuvre pour chacun de nos gestes et actions, si petits soient-ils : verser de l’eau dans un verre, ouvrir une porte, déplacer une chaise, conduire une voiture, consoler un enfant, le porter…. Heureusement, cela se fait le plus souvent rapidement, de façon quasi automatique sans que nous nous rendions compte du processus à l’oeuvre.

Seuls sont visibles l’action et son résultat. Pourtant leur réussite, la qualité de nos gestes et actions, leur adaptation à nos projets, aux situations, dépendent des premières étapes, trop souvent oubliées et survolées.

Dans nos quotidiens, comme dans nos pratiques professionnelles et personnelles, ces étapes de réception de sensations, d’analyse de ces ressentis et informations, de précision de nos projets ont autant d’importance, voire plus, que les outils et moyens utilisés.

Ainsi savoir faire un bon geste pour lancer un ballon ne suffit pas si l’évaluation de la distance du but n’est pas juste. Utiliser un super tournevis, ne sert à rien s’il n’est pas adapté à la vis. Utiliser un marteau sur une vis fera même plus de dégâts. Cela est vrai pour tout geste, toute action, comme pour tout projet.



Ø Réflexion, ajustement et relation

Les outils, les méthodes montrent donc toute leur richesse et leur pertinence, si et seulement si, ils s’inscrivent dans la globalité du processus. Ils ne sont rien s’ils ne sont pas accompagnés de suffisamment d’observation, d’analyse et de réflexion sur le sens de nos actions et expérimentations.

C’est pour cela que je vois de réels risques à vouloir obéir à des techniques et méthodes, à trop se focaliser sur les outils, à vouloir appliquer une méthode au risque d’en oublier ce qui se vit, et particulièrement dans la relation à l’autre. Il y a un risque de trop se mettre au service de la méthode choisie, de devenir un exécutant fidèle. Un risque à vouloir « faire du … » pour « faire du … ».

Il me semble que nous devons laisser les outils dans leur juste place, c’est-à-dire un moyen au service de l’autre, de nos projets et objectifs, et non devenir un objectif en soi. Connaître, expérimenter, utiliser les méthodes et techniques inventées par d’autres est important, sans en être prisonnier ou trop obéissant.

Savoir en garder le sens et l’objectif et, de ce fait, la souplesse nécessaire. Pouvoir expérimenter, innover, inventer par soi-même, faire preuve d’initiative, de créativité. Savoir adapter, transformer, s’approprier, rendre vivant et ajusté.

Cela est encore plus essentiel dans les métiers de la relation et de soin. Etre attentif à l’autre, à la relation entre soi et l’autre, accorder de l’importance à ce qui est ressenti, perçu et vécu sont les ingrédients fondamentaux de pratiques professionnelles de qualité.


Ø C’est ainsi que je conçois l’accompagnement des professionnels en formation : permettre de visiter les pratiques, à la lumière de ces processus, donner les moyens d’avoir cette vision globale et ainsi améliorer les pratiques, en profondeur. Apporter les connaissances nécessaires pour savoir observer, analyser ce qui est perçu, ressenti, prendre du recul sur les besoins et les réponses possibles. C’est travailler sur cet essentiel « invisible ». Cela se nourrit d’exemples concrets et donne des pistes variées, parlantes, explicites, aidantes.


La formation continue amène les professionnels à ne pas être de simples exécutants, mais des sujets sensibles, pensants, en mouvement, sachant inventer et s’ajuster ainsi à l’autre.


Si vous avez lu jusque là, je suis très curieuse de savoir ce que cela vous inspire.

D’accord, pas d’accord ? Des questions ? Envie d’aller plus loin, de creuser la question ?







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