© Monique Busquet 2019

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Le coaching : un terme qui peut être repoussoir.



Cela l’a longtemps été pour moi et à vrai dire encore maintenant, alors que j’ai une certification de coach, je n’aime pas utiliser ce mot. Je n’aime pas toutes les représentations qui vont avec, toutes les déclinaisons fréquemment entendues : coach de vie, coach sportif, coach d’intérieur… Le coach est souvent perçu comme quelqu’un qui dirige, qui fait faire, qui oriente, celui qui « saurait » et qui gagne beaucoup d’argent.

Pourtant, malgré ma répulsion, je me suis formée, il y a déjà quelques années, au coaching parce que je voulais comprendre en quoi cela consistait. J’avais rencontrée deux coachs qui m’avaient passionnée lorsqu’elles racontaient leur façon de travailler et d’accompagner les personnes.

J’ai donc financé moi-même et suivi une formation de coach (Linkup Coaching niveau master). Et j’ai trouvé dans cette formation, tout le contraire des représentations que j’en avais.

J’y ai découvert une posture d’accompagnement éthique, rigoureuse, respectueuse, et qui rejoignait mes valeurs, mes fondamentaux : humanisme, finesse, intelligence, souplesse, rigueur de pensée et de posture, respect fondamental de l’autre dans sa globalité. Une posture empathique au service de l’autre, solide sur le cadre et humble sur les contenus.

J’étais déjà psychomotricienne et formatrice, ayant un Diplôme Universitaire de Formateur d’adultes. Et j’ai été chamboulée pendant cette formation, parce que j’y ai découvert d’autres modes de pensée, d’autres approches de l’humain et du psychisme que celles à laquelle j’avais été auparavant formée.

J’y ai approfondi les notions de changement en ayant de nouvelles perspectives.

J’ai dû déconstruire certaines connaissances, certaines habitudes de pensée. J’ai expérimenté ces nouvelles perspectives, mis en pratique, regardé autrement et j’ai reconstruit. J’ai pu faire des liens, des connexions, avec l’ensemble de mes connaissances, de mes lectures, de mes expériences professionnelles et personnelles. J’ai rassemblé des pièces du puzzle. J’ai utilisé pour moi-même, j’ai mis en action et en mouvement. J’ai pu déverrouiller des blocages, mettre en oeuvre des projets, des rêves. Je suis bien sûr toujours en chemin, comme chacun. Depuis j’accompagne particuliers et professionnels et j’injecte cette posture de coach dans ma pratique de formateur.

Je suis encore un peu réfractaire à utiliser le terme de coach, car trop connoté.

Alors je préfère dire que je propose des accompagnements au changement dans lesquels :

L’accompagnant, le « coach » ne sait jamais mieux que la personne, il ne pense pas à sa place, il pense avec.

Il écoute et entend ce que la personne dit, ce qu’elle souhaite, ce dont elle a peur, ce qui la fait réagir, ce qui lui sert de moteur pour avancer, ce qui la fait vibrer avec joie, ce qu’elle a déjà accompli.

Il ajuste ses mots, ses questions, ses propositions de recherche en lien avec ce que la personne accompagnée exprime et manifeste.

Il n’est pas devin. Il ne peut savoir à l’avance dans quelle direction, à quel rythme la personne va cheminer.

Il propose d’autres perspectives, d’autres points de vue, d’autre lunettes pour lui permettre de regarder autrement ses besoins, ses projets, ses histoires de vie, ses blocages.

Il aide la personne à regarder les possibles à partir des réussites passées, comme des difficultés rencontrées. Il permet d’anticiper d’éventuels obstacles.

Il l’aide à ne pas ruminer son passé mais à le regarder autrement : il ne sert à rien de se relancer plusieurs fois les flèches déjà reçues, cela reviendrait à se blesser de nouveau à chaque fois. Il l’aide à en faire quelque chose et à regarder devant.

Le coaching ne peut pas tout, mais il est une véritable aide, un appui. Chaque personne décide à tout moment d’arrêter, de continuer, de choisir son rythme. C’est elle qui sait ce qui lui convient.

Le coaching travaille en premier lieu sur un plan mental : - Penser ses ressentis, ses émotions, ses valeurs, ses rêves, son identité, ses actions.

- Parler, exprimer, sortir de soi ce qui est plus ou moins conscient, plus ou moins caché, le mettre en mots, le dire à quelqu’un qui les reçoit et les accueille pour aider à une élaboration, à une transformation.

Un travail en profondeur passe aussi par un registre émotionnel :

Nos comportements sont régulés par notre cerveau qui pense et raisonne, mais aussi par d’autres circuits cérébraux liés aux émotions et aux réactions instinctives. Nous avons tous mémorisé dans nos bagages, les mouvements émotionnels vécus depuis notre naissance. Ils s’expriment souvent sans que nous le voulions, sans que nous comprenions ce qu’il se passe, sans que nous puissions les maîtriser. Nos émotions sont comme enfermées, silencieuses au fond de nous, mais elles nous freinent, nous parasitent. Il y a alors trop de doutes, de peurs, de répétitions. L’horizon semble bouché, sentiment d’impasse, pas d’issue. Parfois alors, quelque chose remonte. Alors cela bouillonne, cela déstabilise, cela remue, un verrou s’ouvre. Et cette vague peut nous submerger. Reconnaître et accepter ces émotions, les mouvements de cette vague, la laisser passer peut permettre ce nettoyage. La vague emporte ce qui bloque. Le chemin émerge, des portes s’ouvrent alors.

C’est pour ces ouvertures que le coach peut utiliser d’autres approches comme la relaxation, la sophrologie, la kinésiologie. Elles permettent d’accueillir ces montées émotionnelles, de les rendre plus légères, et de progressivement s’en libérer. Ainsi il est plus facile de respirer, de vivre, de marcher ou de courir sur son chemin. Ce type d’accompagnement amène chacun à regarder et vivre autrement son passé, son présent, et surtout son devenir.

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